Logo de Mes-jeux-educatifs.fr logo mes-jeux-educatifs.fr
Temps de lecture : 5 minutes

Constat sur le niveau scolaire en France


Les élèves qui sont en difficulté dès leur entrée au CP le sont toujours, dans leur quasi-totalité, par la suite : l'école élémentaire ne permet pas, en général, de réduire les difficultés repérées au début de la scolarité obligatoire.
(...) Le problème s'amplifie tout au long du parcours scolaire.
Le rapport du Haut Conseil de l'Éducation

Des inquiétudes aux différents stades de la scolarité

Nous avons réuni ci-dessous des résultats de quelques études provenant d'organismes divers. Leur point commun est l'évaluation, à des âges différents, des compétences en lecture, écriture ou mathématiques.

Commençons par le niveau des jeunes de 16 à 25 ans :

Chaque année, des jeunes sont soumis à des tests lors de leur Journée Défense et Citoyenneté (JDC). Le résultat : seulement 80 % des Français âgés de 16 à 25 ans ont été considérés comme des lecteurs efficaces !
Les autres sont considérés comme étant soit des "lecteurs médiocres" ou avec de "très faibles capacités de lecture" ou encore avec des "difficultés sévères".

L'une des épreuves proposées consistait à prélever des informations dans un programme de cinéma (films, horaires, salles…). Un exercice d'apparence simple, surtout pour des jeunes de cet âge, mais qui s'est pourtant révélé insurmontable pour une partie d'entre eux, qui concentrent leurs efforts sur la reconnaissance des mots et non sur leur sens, ce qui s'apparente à l'illettrisme selon les critères de l'Agence Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme (ANLCI).

En effet, depuis 2000, la France ne cesse de baisser (voir infographie ci-dessous) dans le classement international PISA (Programme de l'OCDE (l'Organisation de coopération et de développement économiques) qui évalue tous les trois ans des élèves de 15 ans).

La France perd 5 places au classement PISA de 2012
La France perd 5 places au classement PISA de 2012 et passe de la 13e à la 18e place sur 34.
Crédit photo : Ministère de l’Éducation nationale ©

510.000 élèves de 65 pays ont participé aux tests du PISA 2012. Les résultats de cette étude nous apprennent deux choses : le système scolaire français continue à s'enfoncer et il est LE pays le plus inégalitaire de toute l'OCDE.
Le ministère de l'Éducation nationale constate lui aussi : "Des résultats qui s'aggravent : que fait-on pour inverser la tendance ?". En effet, les résultats de la France plongent : elle perd 5 places au classement général, passant de la 13e à la 18e place sur 34 pays membres de l'OCDE. Et lors de PISA 2015 elle perd encore 1 place.

La question que l'on peut se poser maintenant est : quand et pourquoi les enfants ont-ils "décroché" ?

Pendant les classes primaires

Le niveau scolaire en France ne cesse de baisser. Il est urgent d'agir.
40% des écoliers sortent du CM2 avec de graves lacunes. La maternelle joue un rôle important dans la réussite scolaire.
Crédit photo : Oksana Mizina / Shutterstock ©

Le Haut Conseil de l'éducation indiquait dans son rapport sur l'école primaire :

"Chaque année, 40 % des écoliers, soit environ 300 000 élèves, sortent du CM2 avec de graves lacunes : près de 200 000 d'entre eux ont des acquis fragiles et insuffisants en lecture, écriture et calcul ; plus de 100 000 n'ont pas la maîtrise des compétences de base dans ces domaines. Comme la fin du CM2 n'est plus la fin de l'école obligatoire, leurs lacunes empêcheront ces élèves de poursuivre une scolarité normale au collège. (...)

Si le collège, considéré par beaucoup comme le "maillon faible", a suscité depuis vingt ans débats et polémiques, l'école primaire a beaucoup moins attiré l'attention. Certaines enquêtes internationales auraient pourtant dû donner l'alerte : au regard de ces enquêtes (...), notre école primaire se porte moins bien que l'opinion publique ne l'a cru longtemps. En particulier, elle ne parvient pas, malgré la conscience professionnelle de son corps enseignant, à réduire des difficultés pourtant repérées très tôt chez certains élèves et qui s'aggraveront tout au long de leur parcours scolaire. (...)

L'école primaire peine à prendre en compte les différences de rythme individuel et les difficultés d'apprentissage. Elle semble adaptée aux quelque 60 % des élèves qu'elle prépare correctement à la poursuite des études. Elle paraît en revanche s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances et elle se révèle globalement incapable de mettre en place un soutien et un rattrapage efficaces. (...)

Une telle situation est d'autant moins acceptable que ces constats ne sont pas nouveaux : depuis une quinzaine d'années, les rapports sur ce sujet se sont multipliés, mais, faute d'avoir été largement diffusés, ils n'ont pas contribué à une prise de conscience générale.

Le but du présent rapport est de souligner combien il est urgent d'agir.

Luc Ferry, ancien ministre de l'Éducation nationale et auteur du livre "Combattre l'illettrisme" a écrit :

80 % des enfants qui sortent du CP sans savoir lire n'y parviendront jamais.

Les premiers apprentissages en lecture sont donc déterminants pour la carrière scolaire des enfants. Il est impératif d'accompagner les élèves dans l'apprentissage de la lecture dès le plus jeune âge et de les aider à surmonter les premières difficultés dès qu'ils les rencontrent.

Toutes ces études démontrent que les années de l'école maternelle et élémentaire ratées ont des répercussions dévastatrices sur la suite de la scolarité. Les connaissances actuelles permettent de supposer que c'est bien à partir de l'école maternelle qu'il faut redoubler d'efforts pour préparer nos enfants à leur scolarité.

Devant la pénurie de professeurs, l'Éducation nationale revoit à la baisse ses exigences

La situation actuelle des résultats scolaires est aussi due au manque important de professeurs dans certaines matières. Des centaines de postes créés par l'Éducation nationale ne trouvent plus de candidats. En 2015, sur 12 609 postes proposés au concours, 1 676 sont restés vacants. Le nombre de candidats à l'enseignement a chuté d'un tiers en 2015 par rapport à 2007.

L'Éducation nationale a bien conscience de la gravité de ce problème. Un rapport sur les difficultés de recrutement d'enseignants dans certaines disciplines a vu le jour en 2013. Il analyse d'abord les différentes causes possibles de ces difficultés de recrutement. Il ouvre ensuite des pistes susceptibles de remédier à ces difficultés. Malgré les mesures prises par l'Éducation nationale, la situation reste préoccupante.

À ce sujet, un reportage stupéfiant d'Envoyé spécial diffusé le 3 novembre 2016 dévoile les failles du système de recrutement de l'éducation nationale.

Devenir professeur sans avoir aucune connaissance dans la matière et seulement après 10 minutes d'entretien ? C'est malheureusement possible. Envoyé spécial s'est penché sur les procédures de recrutement de 25 000 contractuels que l'Éducation nationale est obligée de trouver en urgence chaque année.

Lueur d'espoir ?

Grâce aux actions des organismes qui se battent pour faire évoluer l'école de demain pour nos enfants ; grâce aussi à l'essor des pédagogies alternatives que nous connaissons actuellement en France, de plus en plus de professeurs d'école tentent à adapter des outils de ces pédagogies dans leurs classes avec un objectif : créer des environnements éducatifs adaptés au fonctionnement et aux besoins de l'être humain en plein développement.